Travailler au Royaume-Uni en tant que Français : ce qui est possible après le Brexit
Mis à jour le 3 octobre 2026 · Lecture : 9 min
Depuis le Brexit, travailler au Royaume-Uni quand on est Français ne se fait plus librement : sauf statut particulier, il faut un visa. Bonne nouvelle, plusieurs voies existent encore. Moins bonne nouvelle, le visa « vacances-travail » britannique n’est toujours pas ouvert aux Français. On fait le point sur ce qui est réellement possible en octobre 2026.
Si votre priorité est de partir vite et jeune, comparez aussi avec le PVT Canada et le PVT Australie, qui restent accessibles aux Français.
Ce qui a changé avec le Brexit
La libre circulation entre l’Union européenne et le Royaume-Uni a pris fin le 31 décembre 2020. Depuis le 1er janvier 2021, un Français qui veut s’installer et travailler au Royaume-Uni doit en principe obtenir un visa, comme un ressortissant de n’importe quel autre pays.
Exception importante : les personnes qui vivaient déjà au Royaume-Uni avant cette date et qui ont obtenu le statut de résident (settled ou pre-settled status) via l’EU Settlement Scheme gardent leur droit de travailler. Si c’est votre cas, ou celui d’un membre de votre famille, vérifiez votre statut sur gov.uk avant toute autre démarche.
Pour un simple séjour touristique ou une visite de moins de 6 mois, les Français n’ont pas besoin de visa mais d’une ETA (autorisation de voyage électronique). Elle coûte 20 £ depuis le 8 avril 2026 et ne permet pas de travailler.
Youth Mobility Scheme : toujours pas pour les Français
Le Youth Mobility Scheme est le visa britannique qui ressemble le plus à un PVT : jusqu’à 2 ans pour vivre et travailler au Royaume-Uni. Au 3 octobre 2026, la liste officielle des pays éligibles sur gov.uk ne comprend pas la France, ni aucun pays de l’Union européenne.
Le Royaume-Uni et l’Union européenne ont convenu, lors du sommet du 19 mai 2025, de travailler à un futur « youth experience scheme ». Le Conseil de l’UE a autorisé l’ouverture des négociations en juin 2025. En octobre 2026, aucun accord n’est conclu : le plafond de participants, la durée et les frais de scolarité font encore débat. Le gouvernement britannique a indiqué que le dispositif serait plafonné, soumis à visa, sans accès aux aides sociales et sans personnes à charge.
En pratique : ne construisez pas votre projet sur ce futur dispositif tant qu’il n’est pas officiellement ouvert. On mettra cette page à jour dès qu’une date sera annoncée.
Les visas qui permettent de travailler
| Visa | Pour qui ? | Point clé |
|---|---|---|
| Skilled Worker | Salarié avec une offre d’un employeur britannique agréé | La voie la plus courante ; seuil de salaire élevé |
| Health and Care Worker | Professionnels de santé et du soin recrutés par un employeur agréé | Variante du Skilled Worker, frais réduits |
| Global Talent | Profils reconnus dans la recherche, la tech, les arts… | Pas besoin d’offre d’emploi, mais une validation par un organisme |
| Senior or Specialist Worker | Salarié muté par son groupe dans une filiale britannique | Mobilité intra-groupe |
| Graduate | Diplômés d’une université britannique | Permet de travailler après ses études au Royaume-Uni |
| Student | Étudiants | Travail autorisé mais limité pendant les études |
Chaque visa a ses propres conditions, frais et durées, publiés sur gov.uk. Le service « Check if you need a UK visa » permet de savoir en quelques questions lequel correspond à votre situation.
Le visa Skilled Worker en détail
C’est le visa de travail « classique ». Il faut :
- une offre d’emploi d’un employeur agréé par le Home Office (licence de sponsor). Beaucoup d’entreprises n’ont pas cette licence : posez la question tôt dans le processus ;
- un poste éligible, identifié par un code métier à 4 chiffres figurant dans la liste officielle ;
- un salaire au moins égal au plus élevé de ces deux montants : 41 700 £ par an, ou le « going rate » du métier. Des seuils plus bas existent dans certains cas (prolongation, changement d’emploi…) ;
- un niveau d’anglais suffisant, selon les critères publiés sur gov.uk.
Coûts officiels relevés sur gov.uk : frais de demande depuis l’étranger de 819 £ (séjour jusqu’à 3 ans) ou 1 618 £ (plus de 3 ans), plus le surcoût santé (Immigration Health Surcharge) de 1 035 £ par an, qui donne accès au système de santé public (NHS). Il faut aussi, sauf exemption, disposer d’au moins 1 270 £ pour ses premiers frais. Ces montants sont révisés régulièrement.
Une fois sur place
- Prouver son droit de travailler. Le Royaume-Uni est passé aux visas électroniques (eVisas). L’employeur vérifie votre droit de travailler en ligne grâce à un « share code » généré sur gov.uk.
- Demander un National Insurance number, le numéro de sécurité sociale britannique, indispensable pour les cotisations.
- Ouvrir un compte bancaire et trouver un logement. À Londres, les loyers pèsent lourd : regardez des annonces réelles avant de négocier votre salaire.
- Santé : le surcoût santé payé avec le visa donne accès au NHS. Inscrivez-vous chez un médecin généraliste (GP) près de chez vous.
Et si le visa est hors de portée ?
Le seuil de salaire du Skilled Worker écarte beaucoup de premiers emplois. D’autres options peuvent répondre au même objectif :
- L’Irlande : pays anglophone et membre de l’Union européenne, où les Français peuvent travailler librement grâce à la libre circulation.
- Le Canada ou l’Australie, via le PVT Canada ou le PVT Australie, pour une expérience à l’étranger en anglais.
- Les études au Royaume-Uni, qui donnent ensuite accès au visa Graduate, à condition de bien en mesurer le coût.
- Une mutation interne si votre employeur actuel a une filiale britannique.
Les erreurs les plus fréquentes
- Partir avec une ETA en pensant pouvoir chercher puis commencer un job sur place : l’ETA ne permet pas de travailler.
- Croire que le Youth Mobility Scheme est déjà ouvert aux Français.
- Accepter une offre sans vérifier que l’employeur détient une licence de sponsor.
- Oublier le surcoût santé dans le budget : sur un visa de 3 ans, il dépasse 3 000 £.
- Passer par un site non officiel pour l’ETA : gov.uk rappelle que d’autres sites facturent plus cher.
Checklist
- Vérifier si vous ou un proche avez un statut EUSS (settled ou pre-settled)
- Faire le test « Check if you need a UK visa » sur gov.uk
- Cibler des employeurs titulaires d’une licence de sponsor
- Vérifier le code métier et le seuil de salaire applicable
- Prévoir les frais de visa et le surcoût santé dans le budget
- Préparer la preuve du niveau d’anglais demandé
- Prévoir 1 270 £ de fonds, sauf exemption
- Après l’arrivée : share code, National Insurance number, compte bancaire, GP
- Pour une simple visite : ETA à 20 £, uniquement sur gov.uk
FAQ
Un Français peut-il travailler au Royaume-Uni sans visa ?
En principe non, depuis le 1er janvier 2021. Exception : les personnes qui ont obtenu le settled ou pre-settled status via l’EU Settlement Scheme gardent le droit de travailler.
Le Youth Mobility Scheme est-il ouvert aux Français ?
Non. Au 3 octobre 2026, la France ne figure pas dans la liste des pays éligibles publiée sur gov.uk. Un futur dispositif UE-Royaume-Uni est en négociation, sans date d’ouverture.
Quel salaire faut-il pour un visa Skilled Worker ?
Il faut en général au moins le montant le plus élevé entre 41 700 £ par an et le going rate du métier, selon gov.uk. Des seuils plus bas existent dans certains cas.
Combien coûte un visa de travail au Royaume-Uni ?
Pour un Skilled Worker demandé depuis l’étranger : 819 £ jusqu’à 3 ans ou 1 618 £ au-delà, plus 1 035 £ par an de surcoût santé. Les montants sont révisés régulièrement.
L’ETA permet-elle de travailler en Angleterre ?
Non. L’ETA, qui coûte 20 £ depuis le 8 avril 2026, sert aux visites de moins de 6 mois (tourisme, famille, certaines activités). Elle ne donne pas le droit de travailler.
Quelle alternative anglophone sans visa pour un Français ?
L’Irlande : les Français y travaillent librement grâce à la libre circulation dans l’Union européenne.
Lana aide-t-elle pour un projet au Royaume-Uni ?
Lana ne gère pas les visas. L’app permet de trouver des offres, d’échanger avec des Français installés à l’étranger et de comparer les destinations.
Sources officielles
Consultées le 3 octobre 2026. Les montants, seuils et calendriers peuvent changer : vérifiez toujours la source avant une démarche.
- GOV.UK : Youth Mobility Scheme, pays éligibles
- GOV.UK : Skilled Worker visa, conditions sur le poste et le salaire
- GOV.UK : Skilled Worker visa, coûts
- GOV.UK : Immigration Health Surcharge
- GOV.UK : ETA (autorisation de voyage électronique)
- GOV.UK : EU Settlement Scheme
- GOV.UK : vérifier si on a besoin d’un visa
- GOV.UK : prouver son droit de travailler (share code)
- GOV.UK : demander un National Insurance number
- Gouvernement britannique : mémorandum sur la décision (UE) 2025/1286 (youth experience scheme)
- Service-Public.fr : hausse du prix de l’ETA
Préparer son départ avec Lana
Sur Lana, on compare les destinations, on repère des offres et on échange avec des Français déjà partis. Téléchargement gratuit.
